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Industrialisation au Bénin : un fonds de 100 milliards FCFA pour accélérer le développement industriel

il y a 11 heures
4 min de lecture

 

Le Gouvernement béninois franchit une nouvelle étape dans sa politique d’industrialisation avec la création du Fonds de développement industriel, doté d’un capital de 100 milliards de FCFA. Structuré autour de trois guichets complémentaires, ce mécanisme entend faciliter l’accès des entreprises aux financements, partager les risques avec les banques et accélérer l’installation d’unités de production dans les pôles de développement territorial.

 

Cent milliards de francs CFA pour donner une nouvelle impulsion à l’industrialisation du Bénin. C’est l’enveloppe en capital du Fonds de développement industriel dont la création a été actée en Conseil des ministres. Présentée par le porte-parole du Gouvernement, cette initiative vise à renforcer les capacités de financement des entreprises, à lever les obstacles à l’investissement productif et à favoriser l’émergence d’industries nationales capables de se positionner sur les marchés régionaux et internationaux.

 

La décision du Conseil des ministres ne se limite pas à l’annonce de ce financement. Les statuts de la société chargée de porter le Fonds ont également été approuvés. Les ministres en charge de l’Économie et des Finances, de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement privé ont reçu instruction de prendre les dispositions nécessaires à sa formalisation et à son opérationnalisation. La date effective de démarrage du dispositif n’a toutefois pas encore été précisée.

 

Le Fonds repose sur trois missions essentielles : renforcer les fonds propres des entreprises industrielles, faciliter leur accès aux crédits d’investissement grâce à un mécanisme de partage des risques avec les établissements financiers et mettre à leur disposition des infrastructures industrielles immédiatement exploitables. Trois leviers complémentaires pour répondre aux principales contraintes qui freinent le développement du secteur.

 

Trois guichets pour lever les obstacles à l’investissement

 

L’architecture du Fonds de développement industriel s’articule autour de trois guichets aux interventions complémentaires.

 

Le premier, dénommé Bénin Industrial Invest (BII), est destiné à accompagner les entreprises dans la durée. Il interviendra à travers des apports en fonds propres et en quasi-fonds propres de long terme. Ce mécanisme vise particulièrement les projets industriels structurants dont les besoins de financement et les délais de rentabilité dépassent souvent les capacités offertes par les crédits bancaires classiques.

 

Le deuxième guichet, la Facilité de garantie industrielle (FGI), s’adresse principalement aux banques et aux sociétés de crédit-bail partenaires. Il permettra de partager avec ces établissements les risques liés au financement des investissements industriels. La garantie pourra notamment couvrir les crédits de long terme, le crédit-bail destiné à l’acquisition d’équipements et le financement des exportations. L’objectif est de faciliter l’accès des entreprises aux ressources financières nécessaires à leur développement.

 

Le troisième mécanisme, intitulé Usines prêtes à l’emploi (UPE), prévoit la mise en place d’un programme national d’unités industrielles clés en main dans les pôles de développement territorial. À travers cette initiative, le Gouvernement entend réduire les délais et les contraintes liés à l’installation des infrastructures de production, afin de permettre aux investisseurs de démarrer plus rapidement leurs activités.

 

Une industrialisation davantage ancrée dans les territoires

 

Au-delà de son dispositif financier, la création du Fonds traduit une orientation visant à élargir la dynamique industrielle à l’ensemble du territoire national. Le Gouvernement entend notamment rapprocher les unités de transformation des bassins de production des matières premières et favoriser l’implantation d’activités industrielles dans les différents pôles de développement territorial.

 

Cette orientation vise un double élargissement : diversifier les filières industrielles et étendre leur implantation géographique. Elle s’appuie sur les avancées enregistrées ces dernières années dans la transformation locale des ressources nationales.

 

Le Gouvernement met notamment en avant le développement de la chaîne textile-habillement, qui permet désormais de transformer localement le coton produit au Bénin. La fabrication de carreaux de céramique constitue également une illustration de cette volonté de valoriser les matières premières nationales à travers des activités de transformation jusqu’au produit fini.

 

Avec le nouveau Fonds, l’ambition est de consolider ces acquis, d’encourager l’émergence de nouvelles filières et de mieux répartir les opportunités industrielles entre les territoires.

 

Faire émerger des champions industriels nationaux

 

Le diagnostic à l’origine de cette initiative repose sur plusieurs contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises industrielles béninoises. L’insuffisance des fonds propres, les difficultés d’accès aux crédits d’investissement et les délais nécessaires à l’installation des unités de production constituent autant de freins à leur croissance.

 

Les trois guichets du Fonds ont précisément été conçus pour répondre à ces difficultés. À travers les apports en capital, les mécanismes de garantie et la mise à disposition d’usines prêtes à l’emploi, le Gouvernement entend créer des conditions plus favorables à l’investissement et à l’expansion des entreprises.

 

Cinq objectifs structurent ainsi le dispositif : renforcer les fonds propres des entreprises industrielles, faciliter l’accès au crédit, réduire les délais d’installation des unités de production, accompagner l’émergence de champions industriels nationaux et assurer une meilleure répartition territoriale de l’activité industrielle.

 

À terme, le Gouvernement ambitionne de voir émerger des entreprises béninoises de taille significative, capables de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales et mondiales et de conquérir des marchés au-delà des frontières nationales.

 

Une gouvernance annoncée selon les standards internationaux

 

Compte tenu de l’importance des ressources mobilisées, la question de la gouvernance occupe une place essentielle dans le dispositif. Le Conseil des ministres a annoncé que le Fonds sera encadré par un mécanisme de gouvernance conforme aux meilleures pratiques internationales en matière de gestion des fonds publics d’investissement.

 

Plusieurs précisions restent cependant attendues, notamment la répartition des 100 milliards de FCFA entre les trois guichets, les critères d’éligibilité des entreprises, les modalités d’accès aux différents mécanismes de financement ainsi que les pôles territoriaux qui accueilleront les premières unités industrielles.

 

L’approbation des statuts de la société chargée de porter le Fonds constitue une première étape institutionnelle. La prochaine phase sera celle de son opérationnalisation et de la mise à disposition effective des instruments annoncés.

 

Avec ce capital de 100 milliards de FCFA, le Bénin entend renforcer les moyens consacrés à la transformation de son économie. Le défi sera désormais de traduire cette ambition en investissements productifs, en nouvelles unités industrielles, en emplois et en valeur ajoutée locale.


Aristide SETTIN

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