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Tchad : les autorités interdisent une marche de diplômés sans emploi

 

Les diplômés tchadiens sans emploi ne pourront pas manifester le 9 septembre prochain. Les autorités ont décidé d’interdire la marche pacifique annoncée par leurs organisations, invoquant notamment des risques de troubles à l’ordre public. Une décision qui intervient dans un contexte marqué par les difficultés persistantes d’insertion professionnelle des jeunes.

 

Le mouvement de protestation n’aura finalement pas lieu. Prévue pour le 9 septembre 2026 à travers plusieurs localités du Tchad, la marche des organisations de diplômés sans emploi a été interdite par le ministère de la Sécurité publique et de l’Immigration. La décision a été officialisée dans un arrêté pris le 1er septembre dernier.

 

Pour justifier cette mesure, les autorités évoquent notamment la nécessité de prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public. Une décision qui suscite la réaction du Collectif des diplômés sans emploi, lequel dénonce une interdiction qu’il estime préjudiciable à ses revendications.

 

Malgré l’annulation du sit-in initialement prévu, le collectif entend maintenir la mobilisation. Il a notamment invité ses différentes cellules provinciales à rester engagées afin de continuer à réclamer l’intégration des diplômés sans emploi dans la fonction publique et, plus largement, de meilleures perspectives professionnelles.

 

Un chômage des jeunes qui alimente les inquiétudes

 

Derrière cette mobilisation se trouve une problématique devenue préoccupante pour une importante partie de la jeunesse tchadienne : l’accès à l’emploi après les études. D’après les données de la Banque mondiale citées dans le cadre de cette mobilisation, près de 75 000 diplômés seraient encore à la recherche d’un emploi plusieurs années après leur sortie des établissements de formation.

 

Les indicateurs concernant les jeunes témoignent également de l’ampleur du phénomène. En 2022, environ 37 % des jeunes Tchadiens n’étaient ni en emploi, ni inscrits dans un parcours d’études, ni engagés dans une formation. Chez les 15-24 ans, la proportion de jeunes en situation d’inactivité approchait alors les 60 %.

 

Le secteur informel comme solution d’attente

 

Faute de débouchés correspondant à leurs qualifications, de nombreux diplômés sont contraints de se tourner vers des activités informelles pour subvenir à leurs besoins.

 

Le parcours d’Aggé en constitue une illustration. Âgé de 32 ans et titulaire d’un diplôme en anthropologie, il recherche depuis quatre ans un emploi dans les secteurs public ou privé. En attendant de décrocher un poste en rapport avec sa formation, il exerce comme conducteur de mototaxi.

 

Comme lui, de nombreux jeunes diplômés alternent entre petits commerces, emplois occasionnels et activités journalières. Pour ces derniers, ces occupations constituent davantage des solutions de survie que de véritables débouchés professionnels.

 

L’interdiction de la marche du 9 septembre ne met donc pas fin aux revendications des diplômés sans emploi. Elle intervient dans un contexte où la question de l’insertion professionnelle des jeunes demeure au cœur des préoccupations sociales et économiques au Tchad.


Aristide SETTIN

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