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Secteur bancaire au Bénin : la BCEAO salue la solidité des banques

il y a 23 heures
4 min de lecture

 

Réunis à Cotonou dans le cadre de la troisième concertation trimestrielle de l’année 2026, les responsables de la BCEAO et les dirigeants des établissements de crédit ont passé en revue la situation du secteur bancaire béninois. Si les indicateurs témoignent d’une bonne solidité financière, plusieurs défis restent à relever, notamment en matière de financement de l’économie, de digitalisation, de cybersécurité et d’interopérabilité des paiements.

 

Le secteur bancaire béninois affiche une situation globalement solide. C’est l’un des principaux enseignements de la troisième réunion trimestrielle de concertation entre le Directeur National de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) au Bénin, Emmanuel ASSILAMEHOO, et les Directeurs généraux des établissements de crédit. Tenue le 21 septembre 2026 à l’Agence principale de la BCEAO à Cotonou, la rencontre a également réuni les acteurs de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Bénin (APBEF-Bénin).

 

Les échanges ont porté notamment sur les principaux enseignements du rapport 2025 de la Commission bancaire de l’UMOA, le diagnostic du secteur bancaire national, la nouvelle législation sur la répression du faux monnayage ainsi que la participation des banques à la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI).

 

Une activité bancaire en progression

 

En ouverture des travaux, les participants ont examiné l’évolution récente de la conjoncture économique dans l’UEMOA et au Bénin. Malgré les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient, l’activité économique demeure résiliente. La croissance de l’Union est estimée à 6,0 % au deuxième trimestre 2026, contre 6,1 % au trimestre précédent.

 

Au Bénin, l’activité économique a progressé de 7,8 % au premier trimestre 2026. Dans le même temps, l’inflation moyenne annuelle s’est établie à 0,6 % à fin juin 2026, contre 1,0 % à fin mars.

 

Dans ce contexte, le Comité de politique monétaire de la BCEAO, réuni le 9 septembre 2026, a décidé de maintenir son principal taux directeur à 3,00 %, tandis que le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal reste fixé à 5,00 %. Ces niveaux sont en vigueur depuis le 16 mars 2026.

 

Sur le plan bancaire, les principaux agrégats du secteur dans l’Union ont poursuivi leur progression en 2025. Le total bilan a augmenté de 14,1 %, les ressources mobilisées de 16,5 % et les emplois de 10,4 %. La rentabilité s’est également améliorée pour la majorité des places de l’Union, tandis que la plupart des établissements respectent les normes prudentielles en vigueur.

 

Le Bénin maintient de bons indicateurs

 

La situation du secteur bancaire béninois s’inscrit globalement dans cette dynamique régionale. Le pays conserve notamment sa position de leader en matière d’assainissement du portefeuille pour la quatrième année consécutive.

 

Le taux brut de dégradation du portefeuille bancaire s’est établi à 4,1 % en moyenne en 2025, contre 9,1 % pour l’ensemble de l’Union. Un résultat qui traduit, selon les données présentées lors de la rencontre, une meilleure qualité du portefeuille de crédits des banques béninoises.

 

Autre indicateur significatif : les fonds propres des banques se sont consolidés. Cette évolution a contribué à renforcer la solvabilité du secteur, avec un ratio qui s’est établi à 17,4 % à fin décembre 2025, alors que la norme réglementaire requise est de 11,50 %.

 

La situation n’est toutefois pas exempte de points de vigilance. Le déficit de la trésorerie propre bancaire s’est notamment creusé en 2025, constituant une exception par rapport à la tendance générale observée dans l’Union.



Le financement de l’économie au cœur des préoccupations

 

La réunion a également permis à l’APBEF-Bénin de présenter à la Banque centrale les principaux enseignements d’une étude diagnostique du secteur bancaire national réalisée par le cabinet Deloitte.

 

Les conclusions de cette étude confirment la solidité globale du secteur, tout en faisant ressortir plusieurs défis structurels. Les banques sont notamment appelées à améliorer la qualité de leurs emplois, actuellement fortement concentrés sur les grandes entreprises.

 

La mobilisation de ressources longues apparaît également comme un enjeu majeur afin de permettre aux établissements bancaires de mieux répondre aux besoins croissants de financement de l’économie béninoise.

 

Le diagnostic met par ailleurs l’accent sur la nécessité d’une meilleure gestion des immobilisations hors exploitation. La profession bancaire devra également tirer davantage profit des opportunités liées à la digitalisation, tout en renforçant les dispositifs de cybersécurité et de conformité réglementaire.

 

Le développement du marché secondaire des titres publics figure aussi parmi les préoccupations identifiées. Dans ce domaine, l’accompagnement des autorités monétaires est considéré comme déterminant pour redynamiser ce segment du marché financier.

 

Les banques sensibilisées contre le faux monnayage

 

Autre sujet abordé au cours de la rencontre : la loi n°2026-07 du 29 mai 2026 relative à la répression du faux monnayage et des autres atteintes aux signes monétaires en République du Bénin.

 

Les dirigeants des établissements de crédit ont été sensibilisés aux différentes infractions prévues par cette nouvelle législation, notamment la contrefaçon, la falsification, la mise en circulation et la détention frauduleuse de signes monétaires, ainsi qu’aux peines qui leur sont associées.

 

Un accent particulier a été mis sur la responsabilité pénale des dirigeants lorsque les infractions sont commises pour le compte des établissements qu’ils dirigent. Les banques ont également un rôle à jouer dans la lutte contre le faux monnayage, notamment à travers la détection des signes monétaires contrefaits ou falsifiés au niveau de leurs guichets.

 

Le 30 septembre, nouvelle échéance pour la PI-SPI

 

La mise en œuvre de la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI) a constitué un autre point important des échanges. La BCEAO a appelé les dirigeants des banques à respecter la nouvelle échéance fixée au 30 septembre 2026 pour assurer le raccordement de leurs établissements à la plateforme et permettre son déploiement effectif auprès de la clientèle. Les établissements sont également invités à procéder systématiquement à la création des alias pour leurs clients et à renforcer la communication autour du nouveau dispositif.

 

Douze banques sont concernées par l’ouverture de ce service au public : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, UBA, BGFIBank, BSIC, CBAO, NSIA Banque, B.I.I.C, BAB et BANGE Bank.

 

La BCEAO à l’écoute des préoccupations du secteur

 

Au-delà des différents points inscrits à l’ordre du jour, la rencontre a permis à la Banque centrale de recueillir les préoccupations spécifiques des professionnels du secteur bancaire ainsi que les contraintes auxquelles sont confrontés les acteurs financiers au Bénin.

 

Cette troisième réunion de concertation aura ainsi permis de maintenir le dialogue entre la BCEAO et les établissements de crédit, dans un contexte marqué à la fois par la progression des indicateurs bancaires, la transformation numérique des services financiers et la nécessité d’accroître le financement de l’économie nationale.


Aristide SETTIN

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