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Réforme constitutionnelle en RDC : l’opposition descend dans les rues de Kinshasa

il y a 20 heures
2 min de lecture

 

Des centaines de personnes ont manifesté ce mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa pour dénoncer le projet de révision de la Constitution. À l’appel de la Coalition Article 64 (C64), qui regroupe plusieurs figures de l’opposition congolaise, les manifestants ont appelé au respect des dispositions constitutionnelles relatives à la limitation des mandats présidentiels.

 

La mobilisation a réuni des partisans de plusieurs formations et personnalités de l’opposition, parmi lesquels Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga. À travers cette manifestation, la C64 entend faire pression sur les parlementaires afin qu’ils ne touchent pas aux dispositions encadrant le nombre de mandats présidentiels.

 

La question du troisième mandat au cœur des inquiétudes

 

Arrivé au pouvoir en 2019 et réélu en 2023, Félix Tshisekedi exerce actuellement son deuxième mandat, qui doit prendre fin en 2028. Pour l’opposition, le projet de réforme constitutionnelle pourrait créer les conditions permettant au chef de l’État de briguer un nouveau mandat.

 

La C64 rejette donc toute modification susceptible, selon elle, de remettre en cause la limitation du nombre de mandats présidentiels. Elle estime que les priorités nationales se situent ailleurs, notamment dans la situation sécuritaire préoccupante dans l’est du pays, les difficultés économiques et les enjeux sociaux auxquels la population reste confrontée.

 

Un itinéraire modifié après des discussions avec les autorités

 

Le parcours initial de la manifestation a été réaménagé à la suite d’un accord conclu entre les organisateurs et les autorités. Les manifestants doivent ainsi converger vers le boulevard Triomphal, à proximité de l’école Sévigné, plutôt que vers le Palais du Peuple. Un important dispositif de sécurité a été déployé pour encadrer la mobilisation, organisée le même jour que l’ouverture de la session ordinaire du Parlement.

 

Dans certaines villes, les autorités ont toutefois interdit les rassemblements. C’est notamment le cas à Lubumbashi, tandis que des responsables proches du pouvoir ont appelé leurs partisans à ne pas prendre part à la manifestation.

 

La CNDH appelle au calme

 

Face aux risques de tensions, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a appelé les manifestants ainsi que les forces de sécurité à faire preuve de retenue. L’institution a notamment signalé la circulation, sur les réseaux sociaux, de messages appelant certains participants à se munir d’armes blanches. Elle précise toutefois que ces appels ne sont pas attribués à la C64.

 

La CNDH invite par conséquent les organisateurs à prendre les dispositions nécessaires pour empêcher toute infiltration de la manifestation. Elle demande également aux forces de sécurité de traiter individuellement les éventuels cas d’infraction.

 

La mobilisation intervient dans un contexte institutionnel tendu

 

Cette manifestation intervient au lendemain d’une réunion interinstitutionnelle présidée par Félix Tshisekedi. Les responsables des principales institutions du pays ont notamment échangé sur la paix, la cohésion nationale, le budget 2027, les préoccupations sociales ainsi que la résurgence de la maladie à virus Ebola. À cette occasion, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différentes institutions et de poursuivre les consultations entre Congolais.

 

La mobilisation de l’opposition vient ainsi raviver le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC, alors que le projet de réforme constitutionnelle suscite de fortes réserves au sein de l’opposition et alimente les inquiétudes autour de la prochaine présidentielle.


Aristide SETTIN

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