Paroisse Saint-Antoine de Padoue de Zogbo : 40 ans d’une foi qui a traversé les générations à Cotonou
- Aristide SETTIN

- il y a 19 heures
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Dernière mise à jour : il y a 6 heures

Née officiellement en 1986 mais portée par une longue tradition missionnaire, la paroisse Saint-Antoine de Padoue de Zogbo célèbre ses 40 ans d’existence. Une histoire riche en défis, en sacrifices et en réalisations, qui témoigne du chemin parcouru par une communauté devenue l’un des repères spirituels et sociaux du quartier.
Avant l’évangélisation catholique, les protestants et les Séraphins étaient déjà présents dans le village. Les premiers missionnaires catholiques de la Société des Missions Africaines (SMA) venaient de Calavi en pirogue. Lors de leurs déplacements vers xlacodji, ils faisaient escale dans le village, entraient en contact avec les habitants et passaient par Ahouansoli.
À cette époque, le village portait le nom de Xlintonnou avant de devenir Zogbo.
Le premier prêtre à annoncer l’Évangile dans la localité fut le Père Firmin Colineaux. Il commença son œuvre missionnaire en créant un groupe de vendeuses de crevettes et de poissons. Très vite, il s’intéressa aux populations locales, notamment aux femmes qui lui accordèrent leur confiance. Il fit construire la toute première chapelle de Zogbo, un modeste bâtiment pouvant accueillir à peine quarante à cinquante personnes.
Le domaine actuel de la paroisse est un don des anciens du village de Zogbo. Bien qu’une partie du terrain ait été cédée plus tard par certaines générations successives, le site paroissial demeure à l’origine un don de la communauté.
Saint-Michel, alors appelé Gbèto, était devenu une paroisse éloignée de la localité. Notre-Dame lui avait confié la station de Zogbo. Le Père Paul Divino, fondateur de Saint-Michel, poursuivit alors le travail entrepris par le Père Firmin Colineaux en continuant l’évangélisation de la zone. Par ailleurs, Sainte-Cécile de Ahouansoli fut érigée en paroisse avant la station de Zogbo, alors que les deux communautés avaient débuté leur parcours presque simultanément. L’essor de l’Évangile y fut particulièrement rapide, et les prêtres de Sainte-Cécile assurèrent également la relève pastorale. Plus tard, Sainte-Rita fut créée puis érigée en paroisse. Le Père Fulbert Tchibozo, l’un des premiers prêtres africains à desservir la région, y joua un rôle important. Le Père Fulbert Tchibozo fit construire un logement et obtint de Monseigneur Christophe Adimou, deuxième archevêque de Cotonou, l’autorisation de la résidence sur place. Face aux difficultés de déplacement des fidèles, notamment en période d’inondation, Monseigneur Christophe Adimou installa le Saint-Sacrement dans la communauté.
Développement des infrastructures
La première chapelle de Zogbo se situait à l’emplacement actuel de la salle Anouarite. Construite en terre battue, elle ressemblait à une simple cabane pouvant accueillir une quarantaine de chrétiens.
Avec le développement urbain et l’augmentation du nombre de fidèles, plusieurs hangars furent construits pour la catéchèse. On en comptait au moins quatre. Progressivement, ces installations laissèrent place aux bâtiments actuels.
Les célébrations dominicales sans prêtre permirent aux fidèles de rester dans leur communauté sans avoir à parcourir de longues distances. Le nombre de paroissiens augmenta rapidement. Monseigneur Adimou envisageait même de venir y célébrer personnellement certaines messes lorsqu’il était disponible.
Les groupes de prière, les chorales et les autres mouvements paroissiaux se multiplièrent, favorisant ainsi l’expansion de la communauté.
L’arrivée des Salésiens
À cette époque, plusieurs localités avaient besoin de prêtres : Zogbo, Godomey, Sainte-Thérèse et Fidjrossè.
À la suite d’échanges entre Monseigneur Isidore de Souza, le Cardinal Gantin et le Recteur majeur des Salésiens à Rome, il fut décidé d’étudier l’implantation des Salésiens au Bénin. Une délégation venue d’Espagne, province dont dépendaient alors les Salésiens de la région, arriva par le Togo. Après une rencontre avec Monseigneur de Souza à Ouidah, les visiteurs furent accompagnés par un Père pour découvrir les stations susceptibles d’être érigées en paroisses. Ils visitèrent successivement Godomey, Fidjrossè, Saint-Martin puis Zogbo. Lorsqu’ils arrivèrent à Zogbo, ils furent marqués par l’environnement, la vue sur le lac et la présence des nombreux enfants sortant du catéchisme. Ils choisirent alors cette localité pour leur implantation. À partir de 1985, les Salésiens commencèrent à desservir régulièrement la communauté. Le Père Juan Carlos Ingunza et son vicaire José Maria furent les premiers responsables salésiens de Zogbo. Après quelques mois, ils entreprirent la construction du presbytère. Une fois les travaux achevés, le bâtiment fut inauguré et occupé. Le 19 janvier 1986, la station de Zogbo fut officiellement érigée en paroisse.
Pourquoi Saint-Antoine de Padoue ?
La paroisse fut placée sous le patronage de Saint-Antoine de Padoue, probablement en raison de la proximité du lac Nokoué et surtout parce que ce saint est reconnu comme un grand prédicateur et évangélisateur. Le Père Firmin Colineaux pensait que, sous sa protection, l’évangélisation du milieu serait facilitée et que les populations adhéreraient plus rapidement à la foi chrétienne catholique.
Construction de l’église actuelle
Les premières pierres de l’église actuelle furent posées en 1992. Trois ans plus tard, l’édifice était achevé. À partir des années 1980, la croissance urbaine de Cotonou entraîna l’arrivée de nombreuses familles dans le quartier. La population chrétienne augmenta considérablement, rendant les infrastructures existantes insuffisantes. Après plusieurs projets d’agrandissement, la décision fut prise de construire une véritable église paroissiale. La station de Zogbo, devenue paroisse, fut alors confiée aux Pères salésiens.
Les curés qui ont marqué la paroisse
Depuis 1986, neuf curés se sont succédé à la tête de la paroisse Saint-Antoine de Padoue de Zogbo.
-Le premier fut le Père Juan Carlos Ingunza, de nationalité espagnole. Sa priorité fut de consolider la jeune communauté et de construire le presbytère actuel.
-Il fut remplacé par le Père Fermin Nuevo, arrivé en 1993. Son principal chantier fut la construction de l’église actuelle grâce aux contributions de la congrégation salésienne, des fidèles et de nombreux bienfaiteurs.
-Après lui vint le Père Jesus Argerich, surnommé « le père sans micro » en raison de la puissance de sa voix. Musicien apprécié, il anima la vie paroissiale grâce à sa guitare et créa notamment la chorale des jeunes Saint-Jean-Bosco ainsi que le groupe des lecteurs Sainte-Rita de Cascia.
-Le Père Luis Maria Oliveras, ancien provincial salésien, poursuivit le développement des infrastructures en construisant la seconde phase des salles de catéchèse.
-Le Père Jean Aurélien Lemondo, béninois, concentra son action sur la formation humaine et spirituelle. Il renforça particulièrement les Communautés Ecclésiales de Base (CEB) afin de rapprocher davantage les fidèles de la vie de l’Église.
-Son successeur, le Père Adolphe Akpoué, poursuivit cette dynamique en réorganisant les structures paroissiales, le conseil pastoral et les différents groupes d’adultes. On lui doit également la Maison Mariale dédiée à Marie Auxiliatrice ainsi que le grand crucifix représentant le Christ ressuscité.
-Le Père Dieudonné Dembélé, de nationalité malienne, effectua un passage plus bref en raison de problèmes de santé. Il marqua cependant la paroisse par son souci de renforcer l’unité entre les fidèles.
-Le Père José Manuel Nogueroles, retourné en Espagne en 2024, œuvra à renforcer la cohésion de la communauté. Très proche des habitants du quartier de Zogbo, il participa activement à la vie locale et fit construire une chapelle latérale à l’église.
Enfin, le neuvième curé est le Père Raphaël Coulibaly, qui poursuit aujourd’hui l’œuvre de ses prédécesseurs.
Une fête qui rassemble tout le quartier
La fête de Saint-Antoine de Padoue constitue l’un des événements les plus fédérateurs du quartier de Zogbo. Chrétiens, musulmans et adeptes des religions traditionnelles y participent ensemble. Cette célébration demeure un moment de communion, de fraternité et de partage qui rassemble toute la population autour du saint patron de la paroisse.
Aristide SETTIN

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