Développement territorial au Bénin : le Gouvernement lance la réforme des pôles pour rapprocher l’action publique des populations

Le Palais de la Marina a accueilli, ce mercredi 23 septembre 2026, la cérémonie de présentation de la réforme consacrée au développement des pôles territoriaux. Présidée par le Chef de l’État, Romuald WADAGNI, la rencontre a réuni plusieurs responsables des institutions de la République, des autorités déconcentrées et décentralisées ainsi que les membres du Gouvernement. L’objectif affiché est de renforcer la territorialisation de l’action publique et d’obtenir des résultats plus directement perceptibles par les populations.
Une nouvelle étape s’ouvre dans la politique de développement territorial au Bénin. La réforme sur le développement des pôles territoriaux a été officiellement présentée, ce mercredi 23 septembre 2026, au Palais de la Marina, en présence du Président de la République, Romuald WADAGNI.
Autour du Chef de l’État étaient réunis notamment le Président de l’Assemblée nationale, les membres du Conseil économique et social (CES), avec à leur tête le président de l’institution, les préfets, les maires des 77 communes ainsi que les membres du Gouvernement.
Cette réforme s’inscrit dans la nouvelle dynamique d’intervention publique annoncée pour la période 2026-2033. Le dispositif prévoit la mise en place de six pôles de développement territorial, couvrant notamment les ensembles Atlantique-Littoral, Ouémé-Plateau, Zou-Collines, Mono-Couffo, Borgou-Alibori et Atacora-Donga.
Trois priorités pour agir au plus près des populations
La présentation du dispositif a été assurée par le Secrétaire général de la Présidence de la République, Aristide DJIDJOHO, et le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier YAHOUEDEHOU.
La nouvelle approche entend faire du territoire un niveau essentiel de mise en œuvre des politiques publiques. Elle repose sur une organisation destinée à assurer un meilleur suivi des réalités locales et une exécution plus efficace des programmes de développement.
Trois grandes priorités se dégagent de cette orientation : la réduction de l’extrême pauvreté, le développement du capital humain et la création de davantage de richesses à la base.
Dans cette logique, les responsables des pôles devront assurer un suivi rapproché des besoins des populations et de la mise en œuvre des politiques publiques. Une attention particulière devra notamment être accordée aux agriculteurs, éleveurs, pisciculteurs et autres catégories vulnérables.
Le programme de développement territorial prévoit par ailleurs, pour chaque pôle, des composantes communes autour de l’industrie, du tourisme et de l’innovation, auxquelles s’ajoute une composante spécifique liée aux atouts propres à chaque territoire.

Des responsables davantage présents sur le terrain
Lors de la cérémonie, le Président Romuald WADAGNI a insisté sur la nécessité de renforcer la présence de l’État et des cadres dans les territoires.
Dans cette nouvelle organisation, les Délégués généraux devront être au contact régulier des réalités locales, résider dans leurs pôles et effectuer des descentes fréquentes sur le terrain. Ils devront également faire remonter les difficultés rencontrées par les populations ainsi que les progrès enregistrés dans la mise en œuvre des programmes.
Cette proximité est également présentée comme un levier en matière de sécurité. Le suivi des vulnérabilités économiques et sociales des territoires doit notamment permettre de mieux prévenir les situations susceptibles d’exposer certains jeunes à l’influence d’organisations criminelles ou armées.
Le Chef de l’État a, par ailleurs, appelé les cadres occupant de hautes responsabilités à maintenir un lien plus étroit avec leurs régions et villages d’origine et à contribuer concrètement à leur développement.

« Tolérance zéro » contre l’insalubrité et l’indiscipline
Au-delà des questions économiques et administratives, la réforme entend également s’accompagner d’un changement dans les comportements au niveau local.
Le Président de la République a ainsi appelé les maires, préfets et autres responsables territoriaux à faire preuve de davantage de fermeté face à l’insalubrité, à la mauvaise gestion des déchets, à l’indiscipline et au non-respect des règles élémentaires de vie collective.
Cette exigence de « tolérance zéro » devrait toutefois, selon les orientations présentées, privilégier l’exemplarité, la pédagogie et la responsabilisation individuelle plutôt que la brutalité.
L’ambition affichée est de faire des communes des espaces davantage propres, organisés et attractifs, avec une attention particulière portée aux entrées de villes et aux espaces publics.
Une culture du résultat dans les territoires
Avec cette réforme, l’exécutif entend renforcer le suivi des performances et mesurer plus directement les effets des politiques publiques sur les populations.
Le dispositif prévoit une évaluation régulière des résultats obtenus dans les différents pôles. Un premier bilan est envisagé au terme de la première année afin d’apprécier les performances enregistrées et les difficultés éventuellement rencontrées.
Cette nouvelle approche rejoint l’objectif affiché dans le programme 2026-2033 de territorialiser davantage le développement, avec des structures chargées de coordonner les interventions, d’en suivre l’exécution et de mesurer l’atteinte des résultats.
La cérémonie organisée au Palais de la Marina marque ainsi le lancement d’une nouvelle phase de la politique de développement territorial, avec l’ambition de rapprocher davantage l’action publique des réalités locales et de faire en sorte que les investissements et les politiques publiques produisent des effets plus visibles dans les territoires.
Aristide SETTIN

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