top of page
le nationaliste logo-01.png
logo nationaliste detail [Récupéré]-03.png
VOTRE-PUB-ICI- ok.png

Tentative de mutinerie et réforme constitutionnelle au Bénin : le chef de l’État livre sa version des faits

 

Après plusieurs jours de silence, le président de la République, Patrice Talon, a pris la parole lors d’une rencontre avec la presse tenue le jeudi 18 décembre au palais de la Marina. Cette sortie médiatique très attendue a permis au chef de l’État d’apporter des clarifications sur deux dossiers sensibles qui alimentent le débat public : la tentative de mutinerie avortée du 7 décembre et la récente révision de la Constitution.

 

Dans un échange direct et sans détours avec les professionnels des médias, le président s’est livré à un exercice de transparence, mêlant analyse sécuritaire, justification institutionnelle et confidences personnelles, dans un climat national marqué par l’inquiétude et l’interrogation.

 

Une tentative de déstabilisation au fort impact symbolique

 

Dès l’entame de son intervention, le chef de l’État a tenu à rassurer l’opinion sur sa condition personnelle, tout en reconnaissant le choc moral provoqué par les événements. Il a confié que si sa santé n’était pas affectée, l’image du pays, elle, avait été profondément atteinte. Selon lui, cette tentative de déstabilisation constitue avant tout une épreuve pour la nation, et non une remise en cause de la solidité de l’État béninois.

 

Refusant toute dramatisation excessive, le président a appelé à relativiser la portée de l’incident, soulignant que le Bénin demeure un pays stable et respecté, malgré cette crise exceptionnelle.

 

Clarifications sur le rôle des forces armées

 

Sur le plan sécuritaire, Patrice Talon a tenu à dissiper toute confusion autour de l’implication de la Garde nationale. Il a précisé que les éléments impliqués n’étaient pas issus de cette unité, mais majoritairement des soldats présents à Cotonou dans le cadre d’une formation. Face à la gravité de la situation, des renforts ont été déployés depuis plusieurs localités, notamment Allada, Dessa et Ouidah, afin de rétablir l’ordre.

 

Le chef de l’État a salué la loyauté et le professionnalisme de l’ensemble de la hiérarchie militaire, affirmant que les forces régulières ont agi avec responsabilité et efficacité. Il a fermement condamné toute tentative de glorification ou de récupération politique de cet acte, qualifiant les auteurs de la mutinerie de fauteurs de troubles manipulés par des intérêts obscurs.

 

Pour lui, cet événement ne traduit en aucun cas une crise politique. Il invite plutôt à une lecture sociologique des faits, estimant que le contexte national n’a pas favorisé cette tentative de déstabilisation. Convaincu que des enseignements ont été tirés, il s’est montré catégorique sur le fait qu’un tel scénario ne saurait se reproduire.

 

Une gestion de crise privilégiant l’apaisement

 

Le président est également revenu sur les mécanismes de coopération régionale mis en œuvre pour contenir la crise. Le recours à l’appui du Nigeria, dans le cadre de la CEDEAO, est intervenu après que les mutins se sont retranchés à la base militaire de Togbin. Il a expliqué que le choix d’une intervention mesurée visait à éviter un affrontement armé aux conséquences humaines et matérielles lourdes.

 

Évoquant un moment clé de la médiation, le chef de l’État a révélé que le responsable de la Garde républicaine avait établi un contact direct avec l’un des meneurs, se rendant sur place sans apparat afin de favoriser une issue pacifique.

 

Révision constitutionnelle : des choix assumés

 

Le second temps fort de cette rencontre avec la presse a porté sur la réforme de la Loi fondamentale. Le président a officiellement annoncé la promulgation de la loi portant révision de la Constitution, marquant ainsi son entrée en vigueur.

 

Concernant la notion de trêve politique, souvent source de débats, Patrice Talon a tenu à rassurer. Selon lui, cette disposition ne remet nullement en cause la liberté d’expression ni le droit à la critique de l’action publique. Il a insisté sur le fait que les principes démocratiques demeurent intacts.

 

La création du Sénat a également été défendue par le chef de l’État, qui a évoqué des modèles étrangers pour justifier ce choix. À ses yeux, le Bénin souffre d’un déficit d’équilibre institutionnel, et cette nouvelle chambre permettra de tempérer les excès du jeu politique grâce à l’apport de personnalités expérimentées.

 

Enfin, l’instauration du mandat de sept ans a été présentée comme une option pragmatique. Le président estime que cette durée offre un cadre plus adapté à la planification et à la mise en œuvre de politiques publiques ambitieuses. Il a d’ailleurs reconnu que le quinquennat limite la réalisation complète de certains projets structurants.

 

Aristide SETTIN

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
le nationaliste logo-01.png
bottom of page