Semaine Internationale de la Banane Plantain à Avrankou : Sa Majesté Atawe Akôyi Appolinaire OUSSOU LIO fait le bilan de trois jours de savoir, d’innovation et de valorisation de la filère banane.
Du 12 au 14 août 2026, la commune d’Avrankou a vibré au rythme de la Semaine Internationale de la Banane Plantain. Trois jours d’échanges, de découvertes, de partage d’expériences et de démonstrations pratiques autour d’une filière aux multiples potentialités. À l’issue de cette première édition, Sa Majesté Atawe Akôyi Appolinaire OUSSOU LIO, président du Groupe de Recherche et d’Action pour le Bien-être au Bénin (GRABE-Bénin ONG), revient sur les temps forts, les enseignements et les perspectives de cette initiative.

Pour le promoteur, l’organisation de cette semaine répond d’abord à une volonté de renouer avec l’histoire agricole d’Avrankou et de redonner à la banane plantain toute sa place dans le développement local. Le nom même d’Avrankou renvoie, selon lui, à l’univers de la banane plantain. Il rappelle qu’autrefois, cette culture occupait une place importante dans les ménages de la commune.
Aujourd’hui, alors que le marché central d’Avrankou connaît une forte activité autour du plantain, une part importante des produits commercialisés proviendrait du Nigeria. Une situation qui interpelle et qui, selon Sa Majesté Atawe Akôyi Appolinaire OUSSOU LIO appelle à une mobilisation pour renforcer la production locale et offrir de nouvelles opportunités aux jeunes.
Pendant trois jours, producteurs, transformateurs et transformatrices, chercheurs, universitaires, praticiens de la médecine naturelle, organisations de la société civile et acteurs du monde agricole ont ainsi partagé leurs connaissances et leurs expériences. Les deux premières journées ont été consacrées aux communications et aux échanges théoriques, avec la participation d’acteurs venus de plusieurs régions du Bénin, mais également de pays comme le Mali, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Inde, l’Allemagne et la France.

Plusieurs questions essentielles ont été abordées, notamment les maladies qui affectent les plantations, les techniques de multiplication des rejets, l’amélioration de la productivité, la planification de la production et les différentes possibilités de transformation du plantain. Les participants ont découvert qu’au-delà du fruit, pratiquement toutes les parties du bananier peuvent être valorisées. Des racines aux feuilles, en passant par les fibres, les spathes et le fruit, la banane plantain apparaît comme une plante aux usages multiples.
La transformation a occupé une place importante au cours de cette rencontre. Farine, gâteaux, différents mets, produits dérivés, fibres et solutions alternatives aux emballages plastiques ont notamment été présentés au public. La foire organisée parallèlement aux communications a permis aux visiteurs de découvrir concrètement ces différentes innovations. Selon les organisateurs, elle a enregistré une forte mobilisation, avec plus de 300 visiteurs par jour et une importante délégation d’environ 250 personnes venue découvrir, au cours de la deuxième journée, les différentes potentialités de la filière.

La Semaine Internationale de la Banane Plantain a également accordé une place particulière à la transmission des savoirs. Des jeunes, dont certains âgés de moins de 15 ans, ont participé aux communications. Une démarche qui, selon le promoteur, vise à favoriser le dialogue intergénérationnel et à préparer une nouvelle génération capable de porter les connaissances et les innovations liées à cette filière.
Les savoirs endogènes ont également trouvé leur place dans les échanges. Des tradipraticiens ont partagé leurs connaissances sur les usages traditionnels et culturels de la banane plantain et de la banane en général. Cette contribution a permis de mettre en lumière les rapports entre cette plante, l’alimentation, les pratiques traditionnelles, la culture et certaines croyances communautaires.
La troisième journée a marqué le passage de la théorie à la pratique. Les participants se sont rendus dans des exploitations agricoles à Sado et à Djomon, où ils ont pu observer directement les réalités du terrain. Les échanges ont notamment porté sur les techniques de multiplication des rejets, l’identification des maladies présentes dans les plantations et les solutions pouvant être envisagées par les producteurs. La production agroécologique a également été au cœur des réflexions, avec la volonté de promouvoir des méthodes permettant de produire davantage tout en préservant l’environnement.
La présence de chercheurs, d’universitaires et de praticiens issus de différentes institutions a contribué à faire de cette rencontre un véritable cadre de « donner et de recevoir », selon l’expression de Sa Majesté Atawe Akôyi Appolinaire OUSSOU LIO. Les résultats présentés et les expériences partagées ont permis de rapprocher les connaissances scientifiques des réalités quotidiennes des producteurs.
Au terme de ces trois jours, le promoteur se dit satisfait de l’engouement suscité par l’initiative et estime que les attentes ont été non seulement atteintes, mais largement dépassées. Pour lui, cette première édition ne constitue toutefois qu’une étape. L’ambition est désormais de consolider cette dynamique et de faire progressivement d’Avrankou une référence dans la production, la transformation, l’innovation et, pourquoi pas, l’exportation de produits issus de la banane plantain.
L’idée d’une véritable fête autour de la banane plantain figure également parmi les perspectives évoquées. Une manifestation qui pourrait permettre de mieux promouvoir la filière, de renforcer les liens entre producteurs et consommateurs et de valoriser davantage les dimensions économiques, alimentaires, culturelles et environnementales de cette plante.
En guise de conclusion, Sa Majesté Atawe Akôyi Appolinaire OUSSOU LIO a exprimé sa reconnaissance à toutes les personnes, institutions, organisations, autorités locales, chercheurs, universitaires, producteurs, transformateurs, participants et bonnes volontés qui ont contribué à la réussite de cette première édition. Il considère cette mobilisation comme un encouragement à poursuivre le travail engagé.
Ainsi, durant trois jours, Avrankou a été non seulement le carrefour de la banane plantain, mais aussi celui de la connaissance, de l’innovation, de la gastronomie et de la transmission. Une première édition qui aura permis de révéler le potentiel encore largement inexploité de cette filière et de poser les bases d’une ambition : faire d’Avrankou un véritable pôle de référence autour de la banane plantain, au service du développement local et de l’avenir des jeunes.
Jérémie KOSSOU (Jéré - Solo)

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