Projet « Incubatrices écoféministes » : La phase 1 livre ses acquis et ouvre de nouvelles perspectives à Abomey
- Finagnon
- il y a 19 heures
- 5 min de lecture
Les acquis de la première phase du projet « Incubatrices écoféministes » ont été présentés ce mardi 18 août 2026 à la préfecture d’Abomey, à l’occasion d’un atelier de restitution et de partage. Portée par le Consortium Houénafa pour le développement, en partenariat avec Graines du Sénégal et avec le financement de l’Agence française de développement (AFD), l’initiative, à dimension multi pays, entend contribuer à l’autonomisation économique et sociale des femmes, tout en favorisant une évolution des rapports de genre et des pratiques au sein des communautés.

La rencontre a réuni plusieurs acteurs institutionnels et partenaires du projet, dont le secrétaire général du département du Zou, Julien Wankpo, représentant le préfet, la Directrice départementale de la famille et des affaires sociales Ariane ADJOLOHOUN ainsi que le directeur de cabinet du maire d’Abomey, Armand GUEHOU, représentant l’autorité communale. Les responsables du Consortium Houénafa pour le développement, les partenaires techniques et financiers, les facilitatrices et surtout les femmes bénéficiaires ont également pris part aux travaux.
Le Zou salue une initiative en faveur de l’autonomisation des femmes
Représentant le préfet du Zou, le secrétaire général du département, Julien Wankpo, a exprimé la satisfaction de l’administration départementale quant à la mise en œuvre du projet. Il estime que le programme constitue un véritable levier de valorisation de la femme et de lutte contre les facteurs qui entretiennent sa marginalisation.

« Le département du Zou est honoré pour le déroulement du projet car c'est une initiative qui met en valeur la femme dans tout son ensemble. Grâce à ce projet, les femmes dans le département sortent peu à peu de l'ornière du sous-développement », a-t-il déclaré.
Même appréciation du côté de la direction départementale de la famille et des affaires sociales. Sa responsable a salué la pertinence d’une initiative qui, selon elle, regorge de nombreux bénéfices pour les femmes et les communautés. Elle a, par ailleurs, réaffirmé la disponibilité de son service à accompagner les actions visant à renforcer l’autonomie et la protection des femmes dans le département.
Du côté des partenaires, la satisfaction est également manifeste. Le représentant du partenaire technique et financier, Alassane Souleymane FAYE, s’est félicité de l’évolution du projet et des résultats enregistrés au cours de cette première phase.
Plus de 1 000 participations féminines enregistrées
Présentant le bilan quantitatif de la phase 1, le président du conseil d’administration du Consortium Houénafa pour le développement, Roger SAGBO, a mis en lumière l’ampleur des activités réalisées auprès des femmes et des hommes. « Dans les groupements de femmes, 360 femmes ont été formées sur l’économie sociale et solidaire (ESS), tandis que 370 ont participé aux ateliers consacrés à l’empowerment et au leadership féminin. Les rencontres de partage et d’information ont mobilisé plus de 400 femmes, alors que 519 participantes ont pris part aux journées commémoratives. ». Il poursuit, « Le volet consacré aux hommes a également connu une participation significative. Près de 200 personnes ont participé aux huit activités de formation sur les masculinités et plus de 300 hommes aux huit activités de sensibilisation. Par ailleurs, 16 personnes composent le groupe de travail consacré aux masculinités. »

Au-delà des chiffres, le projet affiche des résultats qualitatifs jugés encourageants. Les femmes se sont progressivement approprié les principes de l’économie sociale et solidaire et certaines ont commencé à créer leurs propres entreprises. Elles se constituent également en réseaux et en faîtières, participent aux marchés solidaires pour écouler leurs productions et développent davantage de synergies entre collectifs de femmes productrices afin de limiter la concurrence entre elles.
Des acquis, mais aussi des défis persistants
La facilitatrice à l’ONG Houénafa, Floriane Perpétue TOGNINOU, a présenté les principaux apprentissages issus de cette première phase. Selon elle, les activités génératrices de revenus contribuent à réduire les conflits conjugaux et à améliorer le climat familial. L’autonomie économique renforce également la légitimité sociale des femmes, tandis que les voyages d’échanges favorisent le renforcement des organisations féminines.

Elle estime toutefois que les « incubatrices » doivent désormais être davantage outillées et équipées afin de franchir un nouveau palier. L’écoulement des produits demeure, à ses yeux, le maillon faible de la chaîne de valeur.
Sur les questions de genre, de masculinités et de normes sociales, les résistances restent importantes. L’assimilation du concept de genre à l’homosexualité, le poids des traditions patriarcales et certaines représentations sociales constituent encore des obstacles. Les formations permettent néanmoins une déconstruction progressive des stéréotypes. L’implication des leaders religieux apparaît, à cet égard, comme un facteur déterminant pour lever certains blocages.
La facilitatrice souligne également que la promotion d’une masculinité positive nécessite un travail de longue haleine et que le dispositif de suivi aurait dû être davantage anticipé.
Alphabétisation, financement et équipements : les principaux obstacles
Dans le domaine de l’ESS et de l’écoféminisme, les bénéficiaires ont globalement bien intégré l’économie sociale et solidaire comme cadre de valeurs. Elles identifient également mieux les enjeux liés aux changements climatiques, même si elles manquent encore d’outils concrets pour y répondre efficacement.
Plusieurs difficultés ont cependant marqué la mise en œuvre de la phase 1. Il s’agit notamment du faible niveau d’alphabétisation de certaines femmes des collectifs béninois, de la difficulté d’accès au financement, de la persistance des violences basées sur le genre et du patriarcat au sein des communautés.
À cela s’ajoutent les résistances de certains hommes à l’adoption de comportements relevant de la masculinité positive, l’insuffisance d’équipements et d’unités de production pour les activités génératrices de revenus, ainsi que les défis liés au climat et à la santé mentale.
Une phase 2 davantage axée sur l'accompagnement et la protection
Fort des enseignements de cette première étape, le Consortium Houénafa pour le développement entend renforcer son action au cours de la deuxième phase. Plusieurs activités sont envisagées, notamment le renforcement des capacités des marraines de quartier sur l’écoute active, la gestion des violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que des formations sur l’empowerment et l’estime de soi selon le coordonnateur Dénis ZALE.
La déconstruction des stéréotypes de genre, la co-responsabilité dans les foyers, la santé mentale, les droits humains et la protection de l’environnement figurent également parmi les priorités annoncées.

Le consortium prévoit par ailleurs des actions de plaidoyer auprès des autorités pour la construction d’une Maison des femmes, destinée notamment à accueillir les unités de production. Deux grands rendez-vous internationaux sont également projetés : le Forum mondial sur la masculinité à Abomey en 2027 et la rencontre internationale du réseau Femmes du Monde, prévue en juin 2027 à Abomey.
Les bénéficiaires saluent l’accompagnement des partenaires
Au terme des travaux, les femmes bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction quant aux acquis enregistrés et salué l’engagement des différents partenaires ayant contribué à la mise en œuvre du projet. Pour elles, les formations, les activités génératrices de revenus, les espaces d’échanges et les actions de sensibilisation constituent autant d’opportunités pour renforcer leur autonomie et leur capacité d’action.

À travers cette restitution, la première phase du projet « Incubatrices écoféministes » aura ainsi permis de mesurer le chemin parcouru, mais aussi de mettre en évidence les défis qui restent à relever. Avec une deuxième phase davantage orientée vers le renforcement des capacités, la protection, l’accès aux équipements et le plaidoyer, les promoteurs ambitionnent de consolider les acquis et d’élargir l’impact de l’initiative sur les femmes et les communautés du Zou.
Rodrigue Finagnon AYAYEVO

![logo nationaliste detail [Récupéré]-03.png](https://static.wixstatic.com/media/ad8b34_619bc5ebcf7542968d20c4006751021f~mv2.png/v1/crop/x_0,y_891,w_2363,h_537/fill/w_980,h_223,al_c,q_85,usm_0.66_1.00_0.01,enc_avif,quality_auto/logo%20nationaliste%20detail%20%5BR%C3%A9cup%C3%A9r%C3%A9%5D-03.png)




Commentaires