Niger : remaniement à la tête de l’armée après une mutinerie déjouée

Deux semaines après une tentative de mutinerie qui avait secoué Niamey, le général Abdourahamane Tiani procède à un changement majeur dans la hiérarchie militaire. Le général Mamane Sani Kiaou prend la tête de l’état-major des Armées, tandis qu’un nouveau responsable est nommé à la tête de l’Armée de terre.
La hiérarchie militaire nigérienne connaît un important changement. Le chef de la junte au pouvoir, le général Abdourahamane Tiani, a nommé vendredi 11 septembre 2026 le général de brigade Mamane Sani Kiaou au poste de chef d’état-major des Armées.
La décision a été officialisée par un décret lu à la télévision publique nigérienne. Le général Kiaou succède au général Moussa Salaou Barmou, dont le remplacement intervient environ deux semaines après une tentative de mutinerie signalée dans la capitale.
Le général Kiaou prend les commandes
Jusqu’ici chef d’état-major de l’Armée de terre, Mamane Sani Kiaou accède ainsi à la tête des forces armées nigériennes. Les autorités n’ont toutefois fourni aucune explication officielle sur les raisons ayant motivé le départ de son prédécesseur.
Un second décret vient compléter ce changement dans la chaîne de commandement. Le général Abdourahmane Abou Zataka a été nommé pour succéder à Kiaou à la tête de l’Armée de terre.
Cette réorganisation intervient dans un contexte sécuritaire et militaire particulièrement sensible pour le Niger.
Une nomination après des tensions dans l’armée
Fin août 2026, les autorités nigériennes avaient annoncé avoir déjoué une tentative de mutinerie impliquant des militaires. Des affrontements avaient alors été signalés dans plusieurs zones stratégiques de Niamey, notamment aux abords de la présidence, de l’aéroport international et d’une base militaire voisine.
Dans ce contexte, la nomination de Mamane Sani Kiaou intervient alors que le général venait d’effectuer une tournée dans plusieurs garnisons du pays. Selon les médias officiels, cette mission visait notamment à renforcer la cohésion au sein des forces armées.
Un officier présenté comme un homme de terrain
Mamane Sani Kiaou dispose d’une expérience importante dans les opérations militaires. Présenté par son entourage comme un « homme de terrain aguerri », il a notamment commandé des opérations contre les groupes jihadistes dans les régions de Tillabéri et de Diffa.
L’officier a également participé aux discussions ayant accompagné le retrait des forces françaises et américaines du Niger après le coup d’État de juillet 2023.
La nouvelle configuration de la hiérarchie militaire intervient donc à un moment où les autorités cherchent à consolider la cohésion des forces armées et à maintenir leur contrôle sur l’appareil sécuritaire.
Tiani au pouvoir depuis le coup d’État de 2023
Le général Abdourahamane Tiani dirige le Niger depuis le renversement du président élu Mohamed Bazoum en juillet 2023. Depuis ce coup d’État, les autorités militaires ont engagé une profonde réorganisation de l’appareil d’État et de la coopération militaire du pays.
Mohamed Bazoum demeure détenu depuis son renversement.
Avec ces nouvelles nominations, le régime de Niamey opère ainsi un nouvel ajustement au sommet de sa hiérarchie militaire, dans un contexte marqué à la fois par la menace jihadiste et par les récentes tensions au sein des forces armées.
Aristide SETTIN

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