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Mercredi des Cendres : l’Abbé Michel MEGNONHOU appelle à une conversion du cœur

 

Les chrétiens catholiques ont entamé, ce 18 février 2026, le temps fort du Carême, marqué par le Mercredi des Cendres. Cette célébration ouvre quarante jours de pénitence, de prière et de conversion, en préparation de la fête de Pâques.

 

À Église Saint-Michel de Cotonou, les fidèles se sont mobilisés pour participer à l’imposition des cendres, rite symbolique rappelant la fragilité de l’homme et son appel à revenir à Dieu. Dans une atmosphère de recueillement, la communauté a entamé sa « marche quadragésimale », ce chemin spirituel de quarante jours au désert avec le Christ.


Introduisant la célébration, l’abbé Michel Megnonhou a insisté sur la portée spirituelle de ce temps liturgique. S’appuyant sur l’Évangile selon saint Matthieu, il a rappelé que le Carême n’est pas une saison de tristesse, mais une route vers la Vie, une traversée intérieure qui conduit à la lumière de Pâques.



INTEGRALITE DE L’HOMELIE DE L’ABBE MICHEL MEGNONHOU

Frères et sœurs, aujourd’hui commence notre marche quadragésimale. Marche de 40 jours au désert avec le Christ. La cendre se posera sur notre front tout à l’heure, mais l’appel de Dieu veut descendre dans notre cœur. Car le Carême n’est pas d’abord une saison de tristesse ; c’est une route. Une route vers Pâques. Une traversée vers la Vie. Une école du cœur.

 

1. Le sens de notre marche quadragésimale

Le Carême est un temps pour revenir. Revenir à l’essentiel. Revenir à Dieu. Revenir à soi-même dans la vérité. Pendant quarante jours, l’Église nous invite à ralentir, à écouter, à laisser Dieu nous parler.

Quarante jours… comme un souffle long et régulier. 40 jours pour purifier nos regards. 40 jours pour libérer nos mains de ce qui les enchaîne. 40 jours pour apprendre à aimer mieux, aimer juste, aimer vraiment. Le Carême n’est pas une performance morale ; il est un chemin de transformation. Dieu ne nous demande pas d’abord plus d’efforts ; il nous demande un cœur plus ouvert.

 

2. Les 40 jours au désert en parallèle avec l’histoire d’Israël

Quarante jours pour Jésus au désert. Quarante ans pour Israël au désert.

Israël a appris la confiance dans la pauvreté, la fidélité dans l’épreuve, l’obéissance au cœur du manque. Il est passé par la faim, la soif, la lassitude… mais aussi par la surprise de la manne, l’eau du rocher et la proximité d’un Dieu qui marche avec son peuple. Ainsi en est-il pour nous : Le désert n’est pas l’absence de Dieu ; il est l’espace où Dieu se révèle. Le désert dépouille, mais il éclaire. Le désert fait taire, mais il fait entendre. Le désert éprouve, mais il purifie.

Avec Jésus au désert, nous apprenons à dire : Non aux idoles qui promettent tout, tout de suite. Non à l’orgueil qui veut se suffire à lui-même. Oui à la Parole qui nourrit plus que le pain.

 

3. Préparer le cœur : “Déchirez vos cœurs, non vos vêtements”

Par le prophète Joël, Dieu nous parle aujourd’hui avec une tendresse ferme : « Revenez à moi de tout votre cœur…Déchirez vos cœurs et non vos vêtements. »

Il ne nous demande pas des apparences religieuses, des gestes creux ou des grimaces pieuses. Il désire un cœur vivant, humble, sincère, brisé peut-être, mais ouvert. Le cœur est le véritable lieu du Carême. Le cœur où se cachent nos blessures, nos jalousies, nos colères, nos compromis. Le cœur où Dieu veut entrer, non pour condamner, mais pour guérir.

 

4. Que nous ne soyons pas la risée des païens : “Où est-il leur Dieu ?”

Le prophète nous fait entendre ce cri : « Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est-il leur Dieu ? » Oui, frères et sœurs, aujourd’hui encore, le monde observe les chrétiens. Il regarde nos vies, nos paroles, nos gestes. Notre témoignage doit répondre à cette question non par des discours, mais par la transparence de notre vie : Que notre réconciliation rende visible la présence de Dieu. Que notre pardon manifeste la miséricorde de Dieu. Que notre joie paisible montre que Dieu est vivant au milieu de nous. Que notre vie cesse d’être contradiction, scandale, double langage ; qu’elle devienne signe : “Dieu est là, Il agit, Il relève, Il pardonne.”

 

5. Le moment favorable : le kairos de la réconciliation

Saint Paul aujourd’hui nous presse :

« Laissez-vous réconcilier avec Dieu… Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut. » Le Carême n’est pas “un jour de plus” dans le calendrier.

Il est kairos, moment décisif, porte ouverte, temps de grâce. Maintenant, pas demain. Aujourd’hui, pas plus tard. Ici, pas ailleurs. Dieu nous tend la main. Dieu nous attend dans le sacrement de la Réconciliation. Dieu nous attend aussi dans ce pardon donné, cette haine déposée, ce pas de paix accompli.

 

6. Les trois piliers du Carême

Jésus dans l’Évangile nous donne trois chemins simples et exigeants : l’aumône, la prière et le jeûne. L’aumône : ouvre nos mains Elle brise l’égoïsme, elle fait circuler l’amour, elle restaure la dignité du pauvre. Elle nous réconcilie avec les autres et avec la justice.

La prière : ouvre notre cœur. Elle nous recentre, nous recueille, nous met face à Dieu dans le secret. Elle nous réconcilie avec nous-mêmes, avec notre histoire et avec Dieu.

Le jeûne : ouvre notre liberté. Il simplifie notre vie, dégonfle notre orgueil, libère nos sens. Il nous réconcilie avec notre corps, avec la création, avec la nature que nous avons blessée.

Trois piliers, un seul mouvement : entrer plus profondément dans l’amour.

 

7. Invitation finale à la conversion et à la réconciliation

Frères et sœurs, le temps de carême est un temps de conversion et de réconciliation. Réconciliation avec soi-même : accepter sa vérité, ses limites, sa blessure. Réconciliation avec les autres : pardonner, demander pardon, reprendre dialogue. Réconciliation avec la nature : respecter, protéger, contempler. Réconciliation surtout avec Dieu : se laisser aimer, se laisser relever. Aujourd’hui, la cendre nous rappelle que nous sommes fragiles, passagers, poussière…mais une poussière aimée, appelée, promise à la Résurrection. Alors, entrons. Marchons. Ouvrons nos cœurs. Quarante jours nous sont donnés comme un don,. comme une grâce. Revenons à Dieu de tout notre cœur. Voilà le moment favorable. Le kairos. Voilà le jour du salut. Amen

Propos recueillis par : Aristide SETTIN


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