Libye : regain de tensions au sommet de l’État à Tripoli
- Aristide SETTIN

- il y a 13 heures
- 2 min de lecture

En Libye, la scène politique connaît un nouvel épisode de crispation au plus haut niveau de l’État. À Tripoli, les relations se détériorent davantage entre le président du Conseil présidentiel, Mohammed el-Menfi, et le chef du gouvernement sortant, Abdelhamid Dbeibeh. Depuis plusieurs semaines, les deux responsables s’opposent dans un bras de fer politique qui ne cesse de s’intensifier.
À l’origine de cette nouvelle montée de tension, une divergence profonde sur les prérogatives institutionnelles, notamment en matière de nominations diplomatiques. Le différend s’est aggravé ce dimanche 19 avril, lorsque Mohammed el-Menfi a adressé une correspondance officielle au Premier ministre. Dans ce document, il rappelle que la désignation des ambassadeurs relève, selon lui, exclusivement du Conseil présidentiel, et non du gouvernement ou du ministère des Affaires étrangères.
Dans la même démarche, l’institution présidentielle a exigé du chef du gouvernement la proposition d’un candidat officiel pour diriger la diplomatie libyenne, conformément aux dispositions en vigueur. En attendant, le Conseil présidentiel a décidé de suspendre le responsable actuellement en charge du ministère ainsi que l’ensemble de ses décisions, en particulier celles touchant aux questions jugées sensibles ou souveraines.
Il faut souligner que le poste de ministre des Affaires étrangères demeure vacant depuis l’été 2023. À cette période, Najla el-Mangoush avait été écartée de ses fonctions à la suite d’une rencontre controversée avec son homologue israélien à Rome, une initiative qui avait suscité une vive polémique dans le pays. Depuis lors, un intérimaire désigné par le Premier ministre assure la gestion du portefeuille.
Ces tensions institutionnelles interviennent dans un contexte déjà fragile, marqué par des rivalités persistantes entre les différentes autorités libyennes. Elles se sont récemment accentuées après la divulgation d’un projet soutenu par United States visant à réunifier l’exécutif, actuellement partagé entre plusieurs centres de pouvoir.
Selon certaines sources, Masaad Boulos, envoyé spécial américain pour l’Afrique, aurait proposé un schéma de compromis dans lequel un proche du maréchal Khalifa Haftar prendrait la tête du Conseil présidentiel, tandis qu’Abdelhamid Dbeibeh serait maintenu à la primature au sein d’un gouvernement unifié. Une proposition qui alimente les débats et ravive les tensions entre les différentes factions.
Pour de nombreux observateurs et acteurs politiques libyens, ces crises répétées trouvent leur origine dans les insuffisances de l’accord politique signé en 2021, dont certaines dispositions restent imprécises quant à la répartition des pouvoirs entre les institutions. Ce flou juridique continue d’alimenter les rivalités et complique davantage les efforts de stabilisation du pays.
Dans un contexte déjà marqué par une transition fragile, cette nouvelle escalade illustre les difficultés persistantes de la Libye à construire un exécutif unifié et pleinement fonctionnel.
Aristide SETTIN

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