Bénin : les députés dotent le pays d’un nouveau Code des forêts et de la faune
- Aristide SETTIN

- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

L’Assemblée nationale du Bénin a franchi une étape importante dans la protection de l’environnement en adoptant, à l’unanimité, le mardi 14 juillet 2026, la loi n° 2026-16 portant Code des forêts et de la faune. Présidée par Joseph Djogbénou, cette séance plénière marque l’entrée en vigueur d’un nouveau cadre juridique destiné à renforcer la préservation des ressources forestières et de la biodiversité.
Le texte, qui remplace la loi de 1993 devenue inadaptée aux défis actuels, comprend 318 articles répartis en huit titres. Il ambitionne de promouvoir une gestion durable des forêts et de la faune sur l’ensemble du territoire national, tout en intégrant les exigences contemporaines de gouvernance environnementale.
Un arsenal renforcé contre l’exploitation illégale
Le nouveau Code introduit plusieurs innovations destinées à améliorer la protection des écosystèmes. Parmi les principales mesures figure la création d’un Observatoire national des forêts, chargé de surveiller l’évolution du couvert végétal et de fournir des données fiables pour orienter les politiques publiques.
Le législateur prévoit également le recours aux technologies de pointe, notamment à l’intelligence artificielle, afin de détecter plus efficacement les activités illégales liées à l’exploitation des ressources forestières et d’en faciliter la répression.
Le texte renforce par ailleurs les actions de reboisement, encourage une coopération accrue avec les pays voisins en matière de conservation et instaure de nouvelles sanctions contre toute utilisation des espaces forestiers à des fins terroristes ou criminelles.
Des préoccupations sociales et touristiques prises en compte
Les débats parlementaires ont également porté sur les conditions de vie des populations installées dans les forêts classées. Plusieurs députés ont appelé le gouvernement à accélérer les opérations de relocalisation des communautés concernées, à renforcer les effectifs chargés de la surveillance des aires protégées et à intensifier les efforts de valorisation du projet Mangrove.
Les élus ont, en outre, plaidé pour le développement d’infrastructures touristiques susceptibles de promouvoir le patrimoine naturel du Bénin et de générer de nouvelles opportunités économiques.
En réponse à ces préoccupations, le ministre de la Justice, Yvon Détchénou, ainsi que le ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, Georges Alé, ont apporté des clarifications sur les mesures envisagées par le gouvernement.
Une réforme face aux défis environnementaux
Pour les parlementaires, l’adoption de ce nouveau Code constitue une réponse nécessaire à l’urgence écologique. Le Bénin enregistre, selon les estimations, une perte annuelle d’environ 60 000 hectares de forêts, une situation qui exige des mécanismes plus efficaces de préservation et de gestion des ressources naturelles.
Au-delà du renforcement de la législation nationale, cette réforme permettra également au pays d’aligner son dispositif juridique sur les normes internationales en matière de protection de l’environnement et de conservation de la biodiversité.
À l’issue du vote, le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, a officiellement clos la première session ordinaire de l’année 2026, saluant l’engagement des députés, du gouvernement ainsi que de l’administration parlementaire pour la qualité des travaux accomplis.
Perside HOUNNOU (Stag)

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